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Les Centres d’Accueil de l’Espoir was created in 1990, and incorporated as an NGO in 2003 by a compassionate and dedicated Cameroonian nun called Sister Marie-Therese Brigit Mewoulou, known as “Mama Soeur” (Mama Sister), who has since received many honors for her productive and efficient work, such as “Chevalier de l’Ordre National du Merite” given by France (Knight of the National Order of Merit), and many recognitions such as the ones by the United Nations in 2009, and as a special guest of Pope Benoit XVI the same year.
 ” J’ai eu la chance d’être scout dès mon plus jeune âge, et c’est dans le
cadre de cette activité que j’ai découvert le travail de terrain, dans les
quartiers les plus défavorisés. Ce sont aussi mes responsabilités
nationales et même internationales dans le scoutisme qui m’ont installées
dans cette voie. Quand on m’a nommée directrice d’un collège de brousse
situé à 90 km de Yaoundé, je m’occupais des tâches administratives de
coordination. J’entendais certains enfants expliquer que leur père ou leur
mère était très malade, et qu’ils ne pouvaient plus payer le collège. Pour
moi, c’était injuste que ces enfants soient mis à la porte de
l’établissement parce que leurs parents ne pouvaient plus s’acquitter des
frais d’écolage. Alors, le week-end, je me rendais dans ces familles
d’élèves afin de vérifier comment elles se portaient. Aussi, durant ces
visites,

j’ai rencontré des personnes très affaiblies. De suite, mon cœur me disait
de m’occuper d’elles, de les emmener à l’hôpital pour qu’elles puissent se
faire soigner. C’est ainsi qu’un jour un médecin blanc m’a annoncé : – Ma
soeur, cette personne est atteinte du sida ; elle va mourir…- J’entendais
alors ce mot pour la première fois.
Dès lors, il fallait penser aux enfants. Et quand j’ai appris que la
paroisse avait 40 hectares de terrain titré, j’ai procédé à des
plantations de manioc, tubercules, etc. pour les élèves qui ne pouvaient
pas payer. En compensation, ils travaillaient alors aux cultures durant le
week-end ou les loisirs. Ainsi, ils n’interrompaient pas leur cursus
scolaire, ni ne perdaient l’instruction déjà acquise. Je convoquais aussi
des parents pour venir aux champs et ainsi, ils payaient de leur travail
les études de leurs enfants.

C’est ainsi que je me suis rendue compte du grand nombre d’enfant en
souffrance dans mon pays à cause du sida. En outre, cette maladie, que
nous appelions le poison, et ses conséquences, étaient ignorées par la
majeure partie de la population. C’est cette expérience qui m’a amenée à
m’occuper des enfants orphelins du sida. J’ai alors abandonné le travail
que je faisais auparavant pour me consacrer à la souffrance de tous ces
démunis ; aucune autre personne de l’église catholique au Cameroun ne
s’intéressait alors à ce problème…
Lorsque j’ai commencé, je n’ai pas mis les besoins financiers en avant,
car si j’avais annoncé : – ‘Je fonde une association et j’ai besoin
d’argent -’

je  n’aurais rien obtenu. Or, j’ai fait des études financières qui
pouvaient m’aider à me lancer dans des petits commerces. Je me rendais
alors chez des privés ou des administrations pour proposer mes services ;
je confectionnais, entre autres des rideaux. J’expliquais que je
m’occupais d’enfants et les gens appréciaient bien ma démarche. Mais il
fallait voir plus grand pour assurer des revenus à long terme. C’est ainsi
que peu de temps après la création de l’association, j’ai organisé une
plantation de palmiers de 2,5 hectares. Ainsi, depuis septembre 2001,
notre plantation nous donne suffisamment d’huile de palmes pour ne plus
avoir besoin d’en acheter ! C’est un apport important pour l’association.
L’étape suivante sera la vente de l’excédent de notre production.

Au départ, quand je me suis lancée dans cette aventure, personne ne
comprenait le motif de ma démarche. L’Eglise n’était pas d’accord avec mon
projet : dans un premier temps, le soutien même moral avait été;
refus&eacuté; y compris par le responsable de la santé au niveau de
l’épiscopat de l’époque. J’étais vraiment la seule à mesurer la situation.
Heureusement, aujourd’hui, c’est différent: on me soutient, les gens
commencent à penser timidement car ils voient ce qui se passe. Toutefois,
à ma connaissance, il n’existe pas encore d’autres religieux au Cameroun
qui s’investissent à ce point et concrêtement dans cette lutte. Mais je
pense que cela va arriver, à cause de la pression du problçme. D’ailleurs,
en avril 2001, un colloque a eu lieu à Libreville avec la présence exigée
des évêques. A la suite de ce colloque, les églises catholiques
camerounaises commencent à s’organiser avec le gouvernement en matière de
lutte contre le sida. Toutefois, ce projet est encore embryonnaire. ”

Soeur Brigit a créé un précédent dans son pays. Grâce à son courage et à
sa détermination, une prise de conscience s’est instaurée parmi la
population. Petit à petit, de nouveaux comportements d’hygiène de vie et
de sexualité prennent le pas sur les habitudes à risques. En outre, de
nombreux séropositifs obtiennent des soins qui leur permettent de
continuer leur vie dans des conditions acceptables. Et puis, il y a toutes
ces familles soutenues et ces enfants sauvés… Dès lors, les parrains et
marraines peuvent être rassurés ; leur participation financière est entre
de bonnes mains. L’argent est équitablement partagé entre tous les enfants
du Centre de l’Espoir, couvrant pour environ 50%, les frais inhérents à
leur entretien : Hébergement, soins courants, habillement, éducation,
loisirs, etc.
Sous son boubou coloré, Sœur Brigit cache un cœur assez gros pour redonner
confiance et goût de vivre à de nombreux enfants, qui sans elle seraient
bien plus orphelins encore…

Repris d’un portrait de “Positives les Nouvelles”
de PVA-Genève